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domenica 25 gennaio 2026

ABIDJAN : LUTTE CONTRE LE CANCER DU COL DE L'UTÉRUS. LA VACCINATION EST ESSENTIELLE !


 JANVIER SARCELLE final

Alors que le mois de janvier tire à sa fin, il me paraît important de rappeler la symbolique particulière rattachée à ce premier mois de l’année, qui le place au cœur de la santé des femmes et des filles.

Janvier n’est pas seulement le mois qui ouvre la nouvelle année, période de festivités, de retrouvailles et d’échanges de vœux, où la santé figure toujours parmi les souhaits les plus exprimés.
Il est également 
Janvier Sarcelle, mois durant lequel les communautés, organisations et institutions publiques à travers le monde intensifient, à l’instar d’Octobre Rose consacré au cancer du sein, les actions de sensibilisation et de lutte contre le cancer du col de l’utérus.

Cette mobilisation mondiale est guidée par une volonté commune : sauver la vie de millions de femmes et de filles.

Pourtant cette maladie, largement évitable grâce à la vaccination contre le HPV, au dépistage systématique et au traitement des lésions précancéreuses, continue de faire inutilement de nombreuses victimes chaque année.

Les statistiques mondiales de 2022 indiquent que sur 660.000 nouveaux cas recensés, près de 350.000 décès ont été enregistrés. En Côte d’Ivoire, la même année, 2360 cas ont été diagnostiqués, avec une mortalité estimée à plus de 1 400 femmes.

Le cancer du col de l’utérus demeure l’un des cancers où s’exprime avec le plus d’acuité, l’inégalité entre les nations : 

-d’un côté, les pays disposant de systèmes de santé performants qui permettent la prévention et une prise en charge efficaces ; 

-de l’autre, les pays à revenu faible ou intermédiaire, où la charge de la maladie pèse lourdement sur les familles, avec un faible accès aux services publics de santé, un dépistage insuffisant et des traitements peu disponibles. Ces pays concentrent à eux seuls 90 % des décès recensés par le GLOBOCAN 2022.
Notre pays apparaît comme un foyer à forte incidence en Afrique de l’Ouest.

C’est pourquoi, en ma qualité de Présidente de la Coalition des Trente Organisations de Lutte contre le Cancer en Côte d’Ivoire (COLCC), je me réjouis du lancement, le 21 janvier 2026, de la première campagne nationale Janvier Sarcelle.

Cette activité historique, pensée et organisée par le Programme National de Lutte contre le Cancer, s’est tenue sous la présidence du Ministre de la Santé, de l’Hygiène Publique et de la Couverture Maladie Universelle, en présence de nombreuses personnalités, dont Dr N’DA, pour la Représentation Pays de l’Organisation Mondiale de la Santé.

Le représentant du Ministre, Conseiller technique, a présenté les objectifs et la démarche de la Côte d’Ivoire contenus dans la stratégie ivoirienne d’élimination du cancer du col de l’utérus, évaluée à un coût global de 28 092 468 089 FCFA.

La stratégie nationale s’inscrit pleinement dans l’atteinte des objectifs internationaux définis par l’OMS, adoptés en mai 2020 à travers la Stratégie mondiale pour l’élimination du cancer du col de l’utérus comme problème de santé publique à l’horizon 2030.

Dans cette dynamique, l’ONG Vie et Santé Côte d’Ivoire (VS-CI), membre de la COLCC, amorce un partenariat structurant avec la Fondation Healthsud MedicalFoundation, afin d’accompagner l’ensemble des acteurs engagés vers l’atteinte des résultats attendus.

Janvier Sarcelle fait de la prévention un acte fondateur du nouvel an.
En cette année 2026, il marque la volonté commune de deux organisations de promotion des droits humains d’unir leurs efforts pour conduire ensemble des programmes en faveur de la santé et du bien-être des populations cibles.

Avec la Healthsud Medical Foundation, qui affirme que « la vie doit être égale pour tous », et Vie et Santé Côte d’Ivoire, qui exhorte à l’action à travers la devise « Ensemble, donnons de la vie aux années », ce partenariat constitue un engagement fort pour une meilleure santé, un mieux-être durable et une qualité de vie renforcée, en particulier pour les femmes.

C’est dans ce cadre que la Présidente de VS-CI signe ce premier billet de la chronique
« Le Monde des Femmes par Fatou Fadika », dédiée à la promotion des droits des femmes.

L’actualité Janvier sarcelle nous ramène aujourd’hui au droit à la santé et au bien-être, Objectif de développement Durable n°3. Principe universel des droits humains, ce droit suppose un accès égalitaire et équitable aux soins, une exigence dont les femmes restent trop souvent privées.

En Côte d’Ivoire, comme dans de nombreux africains, elles subissent le manque d’information, les tabous socioculturels, l’accès très limité aux services publics de santé, et la lourde charge financière des soins. Ces facteurs affectent gravement leur santé, réduisent leurs facultés d’exercer des activités économiques et entravent leur autonomisation ainsi que leur implication dans la gouvernance familiale.

Il en résulte de nombreux décès prématurés, contribuant à maintenir une mortalité maternelle et infantile encore trop élevée.

À la faveur de Janvier Sarcelle, nous devons, ensemble, avec le corps médical en première ligne, professionnels de santé, fabricants et fournisseurs d’intrants, groupes pharmaceutiques, prestataires médicaux et paramédicaux, société civile — agir pour que plus aucune femme ne meure du cancer du col de l’utérus par manque d’information ou par peur du dépistage.

La stratégie nationale pour l’élimination du cancer du col de l’utérus, exprime la volonté de l’Etat de relever les défis structurels qui demeurent nombreux, comme l’absence d’un plan d’extension du dépistage, la faible décentralisation du programme, l’insuffisance de ressources financières, le déficit de leadership et de coordination régionale, les prestations de services cloisonnées, l’absence de système de suivi des femmes dépistées et de traçabilité des résultats.

La bonne gestion de ces défis, permettra de garantir l’accès aux tests gratuits, d’assurer le traitement des lésions précancéreuses et des cancers invasifs, conformément au droit international de la santé, dans une approche holistique et intégrée.

Mais, nous devons en même temps, briser les tabous et rappeler que le dépistage est un acte d’amour envers soi-même et envers sa famille.

Aucun homme ne devrait empêcher sa conjointe d’accéder au dépistage ou au traitement, au nom d’un prétendu pouvoir marital une pratique qui frôle le délit de non-assistance à personne en danger.

Pour VS-CI, il est essentiel de communiquer, informer, sensibiliser et  accompagner aussi, dans une approche communautaire, pour faire reculer le mur de l’ignorance, qui reste une grande cause des inégalités sanitaires en Afrique subsaharienne.

Convaincus que « La vie doit être égale pour tous », « Ensemble, donnons de la vie aux années ».

Bonne et heureuse année 2026 à tous et à toutes.

Fatou FADIKA

Avocate au Barreau de COTE D’IVOIRE

Présidente ONG VIE ET SANTE CI

Présidente COLCC

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