La COLCC, plateforme ivoirienne d’organisations de la société civile pour la lutte contre le cancer, exprime sa vision de l’union dans l’action, par le slogan suivant : « Face au cancer, c’est ensemble que nous sommes forts ».
Cet appel à la solidarité intègre, pour nous, les objectifs que traduit le sujet « Unis par l’Unique », ou encore, « unis par nos spécificités ».
Le slogan « unis par nos spécificités » montre comment Abidjan s’appuie sur ses réalités locales, ses infrastructures de santé, la diversité des acteurs, les compétences médicales et l’engagement des autorités,pour participer à une action commune contre le cancer.
En rejoignant le réseau C/Can, la ville partage ses forces et ses défis avec d’autres villes, tout en profitant de leurs expériences et de leurs bonnes pratiques. Cela montre que les différences entre les contextes ne sont pas un obstacle, mais un atout pour construire des solutions efficaces, durables et adaptées aux besoins des populations.
La démarche C/can permet de révéler les spécificités locales dans les villes, pour créer les solutions d’une bonne prise en charge du cancer, adaptées aux besoins des villes.
Au-delà de la diversité géographique, qui traduit des réalités particulières, locales, nationales, régionales, et plus encore, dans le réseau C/Can, l’objectif de l’amélioration de la prise en charge du cancer est commun, basé sur l’utilisation de données, la mise en œuvre de moyens techniques, la convergence des compétences, et la contribution d’acteurs divers, y compris les personnes malades qui vivent des vérités particulières, spécifiques.
Ville de l’Afrique subsaharienne, et première ville francophone du réseau C/Can, Abidjan, forte de ses atouts spécifiques, renforcera, par cette intégration, son choix de devenir le Hub sanitaire régional, selon la volonté politique affichée.
Sa présence dans le réseau C/Can constituera une valeur ajoutée essentielle, dans le contexte sanitaire au sud du Sahara, où se vivent les inégalités fortes qui séparent les pays à revenu faible ou intermédiaires et les pays développés, comme en témoigne, ce morceau choisi, qui reflète une réalité encore actuelle, malgré les années qui séparent les deux situations.
Une double expérience marquante :
Cet après-midi du 14 aout 1998, ma maman, seconde épouse de mon père, en grande souffrance me dit « Fatou, vous n’avez pas accepté ? J’étais à son chevet avec son fils, revenu récemment à Abidjan, après de brillantes études en France.
En pleurs, je me dirigeai vers notre très honorable professeur Echimane qui me dit, face à l’expression de ma détresse « Madame, elle est en phase terminale ». Ces mots n’avaient aucune résonance particulière pour moi. J’étais loin de comprendre, que c’était vraiment les derniers instants de BALOGO qui rendit l’âme, quelques heures plus tard, dans une grande impuissance face à la douleur. De cette première expérience du cancer, logé dans le foie, j’ai appris qu’il s’agit d’une maladie caractérisée par de très fortes douleurs, en fin de vie.
L’année 2017 signe l’engagement dans la lutte contre le cancer, après un autre cas familial, qui fut une « successstory », suivie malheureusement d’autres combats perdus, dont celui qui a pris fin au mois de mars 2025. Ma sœur A est partie, le lendemain d’une conversation chaleureuse, dont les derniers mots pleins d’affection, raisonnent encore dans ma tête. A était soignée dans un pays où les soins palliatifs sont une réalité.
Ma leçon, à travers ces cas spécifiques :
* une Mamam atteinte d’un cancer du foie, en 1998 à Abidjan, priant ses enfants de faire débrancher tous appareils, à l’effet de la soulager, face à la douleur insupportable.
*Une sœur, frappée par un cancer de l’endomètre, en conversation téléphonique, détendue jusqu’à la veille de son décès, dans le cadre d’un écosystème sanitaire où les soins palliatifs permettent de rester vivant, jusqu’à la fin.
Ensemble dans le combat contre le cancer, dans nos expériences uniques, nous sommes : UNIS PAR L’UNIQUE
Fatou FADIKA,
Avocate au Barreau de Côte d’Ivoire
Présidente COLCC/ VSCI-CI